JC Hyvert

Artiste peintre – Painter


 

 

JC Hyvert

Jean Charles HYVERT, d’où sortez-vous ?

… « Pour paraphraser un grand esprit de notre siècle : Je sors de la cuisine de jupiter et j’y retournerai quand l’heure de la soupe aura sonnée. Franchement, tout le monde s’en fout d’où je viens. Vous croyez vraiment que les gens vont regarder ma peinture différemment parce ce qu’ils savent d’où je viens, où cours-je et dans quel état gère ? Disons que je suis un autodidacte très précoce. J’ai croisé Picasso quand j’étais encore dans ma poussette à Valauris. J’ai fait l’école buissonière et l’université de la brique en terre cuite. J’ai un diplôme de chauffeur de lit et une maîtrise en rumeur rurale. Tout ça sert à rien mais ça en jette sur un CV.

Le plus inavouable reste peut-être que tout petit déjà, je collais des « mickeys » dans les marges de mes cahiers malgré les protestations de mes professeurs. C’est dégueulasse, je sais… »

Bon ok, on a compris que vous n’aimez pas parler de vous.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

« Le sujet n’a aucun intérêt. Il n’est qu’un support qui va dériver et prendre de multiples directions. Je peux commencer un portrait et finir avec un paysage. C’est la peinture qui décide. La composition, les couleurs…

Je me laisse entraîner… jusqu’à un certain point. J’aime bien être surpris par ce qui va sortir de mes gestes mais j ‘aime garder aussi un certain contrôle. Perdre le moins possible l’équilibre.

C’est une sorte de combat aérien ou l’issue est toujours incertaine, jamais acquise. Tout cela part d’une image fugace, indécise dans ma caboche et tout va se jouer sur le terrain. Il y a parfois des impasses, des victoires amères et des défaites sanglantes. Mais le but est de survivre avec dignité et d’en sortir quelque chose… d’intéressant. Toujours avec une part de mystère pour moi aussi… surtout pour moi.

En cela, les titres sont des pièges à con. Ils nous enferment dans une définition forcément étriquée. Je ne dois pas avoir la réponse. Si je l’ai – ou crois l’avoir – et que je la dévoile par le titre, l’énigme est percée avant même d’avoir pu regarder ce qui s’y passe. D’ailleurs si je l’ai, je détruis le tableau manu-militari et je recommence à zéro. »

Vous peignez à l’huile ou à l’eau ? Couteau ou brosse ?

« Je peins comme un samouraï, au désespoir et à la frénésie rebelle du soleil couchant.

Sinon, comme disait Pierre Dac : – Le Sar dîne à l’huile, exclusivement.

Je brosse toujours à contre-poil quand la toile est blanche et je ne tire mon couteau que pour faire des tartines d’arc-en ciel sur au moins 3 couches de pigments bien gras. Une recette de ma grand-mère. »

Dans un monde artistique de plus en plus orienté vers l’installation, la performance ou la photographie, quelle est pour vous la place de la peinture aujourd’hui ?

« Vous m’en voyez navré mais là, je crains devoir être un peu chiant. Prenez votre respiration : Vous savez, on a commencé à enterrer la peinture dans les années 60.

En ce qui me concerne, je ne considère pas la peinture comme un outil ou un simple médium.

A mon sens, aujourd’hui elle ne doit pas servir (seulement) à raconter des histoires, comme c’était le cas autrefois lorsque la photo n’existait pas ou bien n’avoir qu’une fonction décorative.

Je considère plutôt la peinture comme le chaînon manquant entre l’objet sacré ou l’image rituelle si vous voulez et ce qu’on appelle aujourd’hui l’Art.

Je ne crois pas à l’avenir de ce que l’on appelle communément « l’Art Contemporain » et encore moins à l’idée pathétique que cela doit se résumer à l’utilisation de provocations puériles (Gigantisme, sang, merde, toute sorte de fluides corporels et maintenant les sex-toys) ou de procédés vaguement novateurs.

Et je ne crois pas non plus que l’utilisation d’idées éphémères, contextuelles ou anecdotiques – plus ou moins chargées de sens – suffise à combler la curiosité et l’intérêt du public des générations à venir. Ça a été peut-être le cas dans le passé mais on s’en lasse vite.

Il me semble au contraire que l’Art doit avoir une fonction qui tend à éveiller l’enthousiasme et la conscience par le mystère qu’il suscite.

Bref, La charge mystique de l’œuvre doit l’emporter sur sa représentation et si on pratique cette croyance, on peut croire que la peinture a encore de beaux jours devant elle car elle a toujours plutôt bien vieillie et elle tiendra la distance tant qu’elle reste sincère. »

Jean Charles Hyvert, where are you coming from?

According to him, and to paraphrase a contemporary “thinker”, he comes from Jupiter’s kitchen and he’ll be back there at tea time! His opinion is that nobody cares where he comes from and that his painting will not draw more attention if people knew what he is on about, where he is going, and the like…

He is an early self-taught painter who, still in a pram, happens to have met Picasso in Valauris. Neither school nor university were for him and he played the wag more than once. As he prides himself: he has a diploma in bed warming and a M.A. in local hearsay…. Which, of course, amounts to peanuts but looks nice on a C.V.!

He pleads guilty to gluing Mickey Mouse stickers in his school exercise books, despite his teachers’ fits! “Awful! I know!”, says he.

In other words: he does not like to speak about himself.

His sources of inspiration?

Not interesting for him in the least! It is only a starting point which is going to go astray anyway. He can start with a portrait and end up with a landscape… He does not decide. Painting does it for him, as well as composition, colours, etc. He lets them lead him to a point, enjoying the surprise after a specific stroke even if he tries to keep some sort of control over it. It’s all a question of keeping a balance as much as possible.

It is a kind of “an air battle” the outcome of which remains uncertain up to the last moment. Never take anything for granted. “A flash in my mind starts the game” he says. “Then everything is going to develop on the battle field. There are deadlocks, bitter victories and bloody defeats. The aim, however, is to survive with dignity and to end up with… something of interest but keeping some sort of mystery too, particularly for me. Come to think of it, tittles are booby traps! They lock us up in a set meaning. I must not have the answer. If I have it of believe I do and put it in a tittle, the enigma is unveiled before even looking at what is going on in the picture. In fact, if this happens, I just destroy the painting manu military and I start from scratch again!”

Do you apint with oil or water? Knife or brush?

I paint like a Samouraï with despair and frantic rebellion of the setting sun. Like Pierre Dac said: “A Sar dines on oil exclusively”…..

I always brush against the bristle on a white canvas only drawing my knife to spread generously three layers of rainbow colours of good and luscious pigments. That’s a recipe of my grandmother’s…

In an artistic environment more and more inclined to facility, performance or photography, where does painting fit according to you?

I am awfully sorry but I have to turn a bit damned boring here! Take a deep breath! You may know that painting started to be dead and buried in the sixties. As far as I am concerned, I see painting neither like a tool nor a mere medium. In my view, it is neither meant (only) to tell stories like in the good old days when photography did not exist nor to turn decorative (only).

I view painting as a missing link between the sacred object or the ritual image, if you want, and what is today called Art. I do not hold faith in a future for what is commonly named “contemporary art” and still less in the pathetic view that it amounts to using childish provocations: hugeness, blood, effluents, all sorts of body fluids and sex toys now or hardly any new other methods.

Neither do I believe in that faddish ideas, be they in context of not, with or without meaning, will be enough to satisfy public interest for generations to come. That might have been the case in past years but we’ll soon get tired of it.

It seems to me, on the contrary, that Art is meant to arouse enthusiasm and conscience via the sense of mystery it generates.

To cut a long story short, the emotional mystical tension in a work of art must prevail over what it represents. Only then will painting thrive as it has until now. It will go the distance as long as it remains true.”