Jean « Soane » Michon

1926-1998

Artiste peintre – Painter


 

Jean Michon fait partie des fait partie des « peintres voyageurs du Pacifique Sud ».

Un marin sans navire…

Jean « Soane » Michon est un des « peintres du Pacifique ». Originaire de Bretagne, il est bercé par les récits sur les colonies que lui font ses grands-oncles militaires de la Coloniale et ses lectures de ces auteurs voyageurs(Gerbaud, Stevenson, Conrad, Loti…). Il reçoit ce qu’il considère comme une « éducation bretonne puritaine ».

Il suit des études à Paris pendant l’occupation Allemande et s’oriente vers la marine marchande pour devenir officier au long cours. Mais à la fin de la guerre, les bateaux se font rares, il ne trouve qu’un poste d’ingénieur de la Météo.

Direction le Pacifique et enfin Tahiti

Son envie d’ailleurs reste la plus forte, à 21 ans, Jean Michon embarque pour le Pacifique à bord du « Sagittaire » qui doit lui permettre de rallier l’Australie dans un premier temps avec une centaine d’autres migrants. Après un dur voyage, faute des autorisations nécessaires, il ne peut débarquer. Il échoue à Nouméa, en Nouvelle Calédonie en mars 1948, les poches vides. Il trouve un emploi à bord de la « Monique », grâce au quel il se remet à flot. Suffisamment du moins pour réaliser son rêve : atteindre Tahiti….

Première peinture au Paradis

Arrivé au Paradis ( Bora-Bora), il est nommé instituteur auxiliaire relié au «  monde » tous les 15 jours par caboteur. Baigné dans cet environnement, Jean Michon utilise la peinture pour graver les scènes qui l’entourent. Malgré des notions limitées, il en fait son moyen d’expression favori et explore sans cesse ce terrain de jeu. A partir de 1948 il prend conscience de son statut d’artiste,se consacrant entièrement à la peinture ; il expose à Papeete et rencontre les peintres de l’époque : Frank Fay, Masson, Boullaire.

17 ans loin du pacifique

En 1952, pour raison de santé, Jean Michon retourne en France où il participe avec Boullaire à une grande exposition des peintres du Pacifique. De là, il rejoint le Cameroun pour un poste dans les Services Forestiers de l’Afrique Noire. Il y vit onze ans. Puis il réalise des missions à Madagascar, la Réunion,… Mais il se languit de la Polynésie. C’est à Wallis qu’il finit par obtenir un poste. Il est enfin de retour dans le Pacifique en 1970, après 17 ans d’absence.

Son atelier à Wallis, sa salle d’exposition à Nouméa

Il s’installe durablement à Wallis, malgré une parenthèse de deux ans à Nouméa. Durant ce séjour en 1978, Soane (jean en Wallis) Michon expose à Nouméa. A près 26 ans sans exposition, il expose des lavis, des dessins et des gouaches qui remportent un immense succès. Habitant un fale au bord de mer à Wallis où il lit Montaigne et peint, Soane revient régulièrement exposer à Nouméa. Son succès est toujours aussi grand. C’est un des premiers peintres exposant en Nouvelle Calédonie qui va faire l’objet de très nombreuses reproductions et copies pour satisfaire une demande importante.

Son style

De retour dans le pacifique, il est nostalgique du mythe océanien qu’il avait connu . Il peint de mémoire un Pacifique qui n’est plus. Il se concentre alors sur la femme océanienne. Il peint des femmes aux formes généreuses, voir aguicheuses, souvent nonchalantes, aux regards parfois mélancoliques ou maternelles. Une vision loin de la réalité de la société wallisienne très catholique où ces femmes ne jouissent que de peu de liberté et de temps, prises entre leurs tâches familiales et coutumières. Il nous livre alors « Quelque chose que je porte en moi, mon mythe féminin personnel… ». Une façon de partager avec nous sa vision idyllique du pacifique.

Acryliques, encres et pastels sur papier ou sur toile sont les supports de son expression. Nous trouvons aussi de nombreux crayonnés ou fusains sur des papiers « recyclés ». Dessins d’enfants, publicités diverses, etc. partagent alors le chemin commun d’une de ses œuvres.

Jean « Soane » Michon est mort à Wallis en 1998.

 

« La peinture c’est mon coin de paradis, ça m’aide à vivre. »

 

De nombreuses œuvres sont disponibles à la galerie, contactez nous!

Jean Michonis one of the « South Pacific voyaging painters ».

A sailor without ship

Born in Brittany, he has been cradled by his great-uncles’ tales of former colonies where they had been posted, as well as by novelists like Gerbaud, Stevenson, Conrad, Loti. He received what he called a “puritanical Breton education.”

After his studies in Paris during the German occupation, the Navy appeals to him strongly and he becomes a Merchant Navy officer. At the end of the war, however, ships are scarce and he finds himself a position at the Meteorological Office.

Pacific bound, then Tahiti

He longs for other horizons and at the age of 21 embarks aboard “Le Sagittaire”, bound for Australia with a hundred other migrants. After a hard trip in difficult conditions he is not allowed to disembark for lack of proper documents. He ends up un Noumea in March 1948, empty handed. He finds a job on “La Monique” which provides him enough to fulfill his dream and reach Tahiti.

First painting in Paradise

When arriving in Bora Bora, he become a teacher only going to “the world” by coaster vessel every fortnight. Bathing in this environment Michon uses painting as a way to capture the sceneries of everyday life. Despite his very little training he pursues the experience as a game. From 1948, he realizes he has become an artist and devotes himself totally to his art. He exhibits in Papeete and gets to know painters of the time: Frank Faye, Masson, Boullaire.

17 years away from the Pacific

In 1952 and for health reasons he returns to France where he participates with Boullaire in an important exhibition of painters of the Pacific. From there, he travels to Cameroun and works for the African Forestry Department. His yearning for Polynesia remains strong though. Eventually he is posted in Wallis and happily returns to the Pacific region after a 17 years’ absence.

Working in Wallis, showing in Noumea

Jean “Soane » Michon eventually retires and after a two year stay in Noumea settles in Wallis for good. After 26 years without exhibition he shows wash-paintings, drawings and gouaches that meet with great success. From Wallis where he lives on a fale by the waterfront, Soane travels regularly to Noumea to exhibit his work always sought after. He is one of the first painters exhibiting in New Caledonia whose work had to be reproduced and copied to satisfy public demand.

His style

When he comes back to the Pacific, he his nostalgic of the Oceanian world he had known in the years past and paints a world which no longer exists. He concentrates his art on Oceanian women, their generous figures and sensual postures, often nonchalant, with melancholic or maternal looks. It is a vision far from the very catholic Wallisian social context where woman have but little time and freedom, taken as they are by their family and customary duties. Michon however gives us to see the personal myth of femininity he carries deep down in him. This is for him a way to share with us his idyllic vision of the Pacific.

Acrylics, inks and pastels on paper or canvas are of his liking. Drawings and charcoals on recycled paper can also be found which, together with children’s drawings and advertisements, share in one of his work.

Jean Soane Michon died in Wallis in 1998.

Painting is my corner of paradise and helps me live.”