Jezebruff Kabradinsky

Artiste peintre, Graveur – Painter, Engraver


 

Isabelle Staron-Tutugoro

Jezebruff KABRADINSKY, partisan de la discrétion, disciple du mystère et de la pudeur toute sa vie, s’éteint le 22 août 2007, laissant derrière lui les traces d’un parcours artistique riche et atypique.

Une introduction musicale

Né en 1946 en métropole, enfant, de son vrai nom Gérard BRIDON, se passionne en premier lieu pour la musique. Doté d’une oreille musicale exceptionnelle, autodidacte, il découvre le piano et la guitare.

En 1966 après deux années passées à l’Ecole d’Art de l’Académie Malebranche, il fait le choix d’un art qui se veut libre.

Le goût de Gérard pour la musique le pousse en 1967 à faire la manche dans différents cabarets à St-Germain des Près, lieu propice aux rencontres déterminantes du milieu musical de l’époque. C’est sous le nom de Gérard BRETTY, buissonnier et voltairien, qu’il rencontre, Ghislaine, dit Didi avec qui il se lie officiellement en 1970. Elle l’accompagnera par la suite dans toutes ses passions, durant toute sa vie.

En 1968, il se produit à « La Méthode » à Paris, entouré de COLUCHE, de Bernard LAVILLIERS ou encore de CARLOS au Bistingo.

En 1973, la maison d’édition Rideau Rouge sort son premier 45 tour intitulé « Summer Days », en tant que compositeur, interprété par David COPPERFIELD. Le morceau est un tube qui se retrouve dans les juke-boxes et les reprises ne tardent pas à se faire entendre par les compagnons de la Chanson ou encore Tino ROSSI…sous le titre de « Pluie d’été soleil d’hiver ».

Parallèlement à sa vie d’artiste, en 1974, il déménage de Paris à la campagne, afin de trouver un coin de sérénité loin du monde du showbiz ce qui lui permet de cultiver ses autres passions que sont la peinture, la chasse et la pêche.

C’est en 1976, cette fois en tant que compositeur et interprète qu’il sort un 33 tour, avec la complicité de l’auteur Franck THOMAS. Un 45 tour né l’année suivante, ainsi qu’un album « Sales mes baskets », qu’il écrit et compose pour Philippe DALECKY.

Un nouveau départ dans le pacifique

Déçu et désabusé par le monde du showbiz, il décide en 1979 de s’exiler vers les îles Marquises, accompagné de Didi, avec pour seuls bagages un sac marin, sa guitare et une avidité de nouveauté. La découverte de nouvelles terres est la naissance d’un nouvel art chez Gérard. Ainsi, sur les traces de BREL et GAUGUIN, il s’imprègne de la culture locale, pratique longuement la confection de tapa, se familiarise avec le dessin de motifs Marquisiens et fait progressivement naître en lui cet intérêt tout particulier pour l’art du Pacifique, qui collera à ses pinceaux jusqu’à son dernier jour.

Après six mois de vie aux Marquises, le voyage se poursuit en Indonésie, au Sri Lanka, en Malaisie ; puis une courte escale à Paris tire définitivement un trait sur la capitale où il ne retournera jamais.

L’amour de la Polynésie entraîne de nouveau le couple, quelques mois plus tard, à Moorea, où l’artiste construira sa pirogue, un parc à poissons, tout en assouvissant ses désirs de peinture, de sculpture, et de chasse sous-marine.

10 ans plus tard, à l’image d’un artiste en métamorphose constante, l’envie de bouger de Gérard est assidue.

Aussi, après un séjour en Nouvelle-Zélande, puis un voyage en Thaïlande, l’artiste, toujours en permanente recherche du beau, découvre des trésors birmans. Il collectionne de nombreuses agates anciennes et confectionne de somptueux colliers.

La Nouvelle-Calédonie comme terre d’accueil

La Nouvelle-Calédonie le conquit définitivement en 1990. Et c’est sur ce caillou que l’esthète prendra racines.

« Je m’efforce de traduire en peinture la beauté universelle des bambous gravés, en alliant écriture, matière et couleurs ».

Captivé, plus particulièrement, par le graphisme des bambous gravés kanak réalisé entre 1850 et 1920, Gérard innove une technique d’estampes qu’il élabore progressivement en alliant unicité, originalité et nouveauté des matières. Gérard BRETTY devient alors Jezebruff KABRADINSKY. Par ses procédés de peinture unique, par la coalition du « primitif » et du moderne il a pu véhiculer l’art Kanak dans le monde entier. Il disait « c’est quelque part, une façon de leur rendre hommage et de les sortir de l’ombre »

Simultanément il donnera naissance à de nombreuses œuvres en s’intéressant aux nombres d’or, à la recherche de l’harmonie et de l’équilibre.

En 2004 atteint d’un cancer il apprend qu’il lui reste 3 années à vivre, Jezebruff KABRADINSKY entend profiter pleinement de ses dernières années et peint jusqu’à son dernier souffle travaillant la lumière, la matière et l’imaginaire.

Amoureux était-il bien avant d’être artiste. Il enseigne donc à Didi toutes ses techniques, lui apprend l’ensemble des connaissances nécessaires à l’élaboration de ses oeuvres, faisant de sa femme l’héritière unique d’un art qui ne doit pas s’éteindre.

« Il a été un lutteur, un combattant, un passionné de la vie, de la beauté et de l’amour ». (Didi Kabradinsky)

De nombreuses œuvres sont disponibles à la galerie, contactez nous!

Jezebruff Kabradinsky was a man of discretion, mystery and modesty. He died on August 22nd 2007 leaving in his wake a trail of elusive translucence evocative of an extraordinary being.

A musical start

Born in France in 1946, his name was Gérard Bridon. He discovers music when he is still a child. His exceptional musical ear allows him to teach himself how to play the piano and the guitar.

Later, his determination leads him to perform as a busker in restaurants such as the « Bastringue Jaune”, at that time a favourite gathering place for the elite of the musical world. He also plays in various cabarets in St-Germain-des-Près for it is the place to meet musical VIP of the time. In 1968, he appears on stage at “La Méthode” alongside Coluche and Bernard Lavilliers and Carlos at the Binstinguo.

Gérard, however, does not only channel his passion towards his carreer. On June 6th 1970, he marries Didi and pledges himself to making her happy, a promise he keeps until his dying day.

In 1973, the record label Rideau Rouge puts on the market his first single as composer, entitle “Summer Days” which is performed by David Copperfield. It proves an instant hit and is soon playing on every jukebox. The Compagnons de la Chanson and Tino Rossi quickly record a version entitled “Pluie d’été”.

Winter sun

His artistic career blossoms and in 1974 Gérard moves from Paris to the country where he can compose in peace surrounded by the wide open spaces and beauty of the countryside. He also indulges in his favourite sports of hunting and fishing in a quiet haven far removed from the stress and bustle of the business world.

In 1976, Gérard prepares an album as composer and performer, in collaboration with songwriter Frank Thomas.The album is recorded at Pathé Marconi studios in Paris. “Gérard Bretty” was born! A successful single follows the year after as well as an album entitled “Sales mes baskets” which he had written and composed for Philippe Dalecky.

In 1979, disillusioned and disenchanted by the showbiz world, he decides to take off for the Marquesas Islands with Didi, taking with him only an army bag, his guitar and a thirst for new horizons. In the steps of Brel and Gauguin, he gradually develops an intense fascination for the art of the Pacific which inspired his paintings until his death. After living in the Marquesas Islands for six months, the couple journeys in Indonesia, Sri Lanka, Malaysia. A short stay in Paris convinces the artist that this was no place for him and he never returned to the city.

Their love for Polynesia takes the couple to Moorea where the artist builds his own outrigger canoe and a fish reserve and also takes to underwater hunting, fishing, sculpture and painting. However, as Gérard the artist was constantly in search for new directions, Gérard the man is always attracted to new places. His next destination is New Zealand, followed by travels in Thailand where, in constant quest for beauty, Gérard become fascinated by Burmese artworks, collects many fine agates and other ancient stones and creates a number of magnificent necklaces.

New Caledonia, the last leg of the voyage

In 1990, the coupe finally succumbs to the charm of New Caledonia. The artist had found a haven in which to settle down and paint.

Gérard is fascinated by the Noumea Museum and is particularly captivated by the graphic style and technique of engraved bamboos. “I strive to transpose in painterly terms the universal beauty of engraved bamboos, combining draftsmanship, medium and colour”, says the artist.

He creates a pioneering technique of printmaking, developed gradually by meddling uniqueness, originality and the innovative use of material. At that stage, Gérard Bretty becomes Jézebruff Kabradinsky.

His work is initially sold in the form of fabric painting on numbered tee-shirts, each series restricted to one hundred impressions signed by the artist., but he quickly moves on to the medium of Arches vellum. Using his own unique painting techniques, blending the primitive and the contemporary, infusing the essence of exoticism and specificity into each of his works, this master of colour brings Kanak art to art lovers all over the world.

Always searching for harmony and balance in his art, using the “Golden Number”, he creates many art pieces of all kinds.

He was born Grard Bridon, became Gérard Bretty under the spotlights and ended as Jézebruff Kabrakinsky, sheltering in the shadow of his paintings. Nevertheless, in spite of the artist’s modesty and seeming mystery, he remained a profoundly lovable man who exercised a natural attraction over people he met and got to know, or to be more precise, who got to know him.

Jézebruff Kabradinsky becomes ill in 2004 but is determined to live his last years to the utmost and to paint until his last sigh, weaving his magic with the power of light, his creative medium and the imaginary.

He was a fighter, someone who never gave up in his quest for life, beauty and love.” (Didi)

His love for his muse surpassed even his passion for art. He taught Didi all his techniques, passed on to her all the knowledge needed to create his works, making his wife his sole heir of an art the flame of which should never dwindle away.

Thus, as the ultimate proof of his love for her, Jézebruff kabradinsky left to his wife not only a remarkable artistic heritage but, above all, a sacred trust of continuity, the essence of commitment.

It is not time that matters, it is the quality of your life.” (Gérard)

After: http//www.kabradinsky.com